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  Culture de la pomme de terre (Solanum tuberosum L.)

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La pomme de terre (Solanum tuberosum) est une Solanacée originaire de la région centrale de la cordillère des Andes, cultivée surtout en saison sèche fraîche.
Elle est cultivée pour son tubercule qui entre dans l’alimentation humaine sous diverses formes : purée, frites, ragoût, salade, etc. On en tire aussi de l'amidon, de la fécule et de l'alcool. La pomme de terre fait partie des cultures maraichères les plus pratiquées au Niger du fait de ses multiples avantages pour les petits producteurs et de la forte demande urbaine.
Plants de pomme de terre (Site agropastoral Agadez, 2022).jpg Bulbe de pomme de terre, variété Rosana (PromAP, 2019).png
Plants de pomme de terre (Site agropastoral Agadez, 2022) Bulbe de pomme de terre, variété Rosana (PromAP, 2019)

1. Objectifs

Les objectifs de la culture sont :

  • Diversifier la production
  • Améliorer la qualité nutritionnelle des ménages
  • Améliorer les revenus des producteurs.


2. Contexte/Conditions du milieu

La pomme de terre est une culture de saison sèche froide, mais dans les zones les plus favorables (Agadez), il est possible de la produire pendant une grande partie de l’année (Octobre à juin). 
Les exigences édaphiques de la pomme de terre sont faibles, cependant, elle préfère les sols légers et profonds, riches en matière organique bien décomposée et en éléments nutritifs (N, P, K, Mg et Ca). 
Les exigences hydriques de la pomme de terre sont élevées et constantes durant toute la période de végétation. Elle tolère des pH assez bas (5,5 à 6). 

La pomme de terre est cultivée en saison sèche froide au Niger. Sa croissance est favorisée par les jours courts (photopériode).


3. Etapes de mise en œuvre

❖  Choix des variétés :

Les variétés de pomme de terre sont des clones, car cette plante se reproduit par multiplication végétative. Les tubercules fraîchement récoltés sont en dormance, et les tubercules semences doivent être physiologiquement âgés pour germer et déclencher la tubérisation. 
Le choix des variétés est un processus qui doit être judicieusement mené, et les principales variétés cultivées au Niger sont : Pamela et Rosana pour les variétés hâtives et Stemster, Spunta, Yona et pour les variétés tardives.

Variétés de pomme de terre cultivées au Niger (PromAP, 2019).png
Variétés de pomme de terre cultivées au Niger (PromAP, 2019)

 

Variété

Cycle

(Jours après repiquage)

Rendement

      (t/ha)

Mois de l’année

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Rosanna

  80-90

20-30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stemster

90-110

20-30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yona

90-110

20-30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pamela

  80-90

20-30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Période favorable à la culture dans tout le pays :                                     
Période défavorable à la culture dans tout le pays :                                  
Période défavorable à la culture dans la région d'Agadez :                       


❖  Choix du terrain
:

Choisir un sol profond, de texture légère, riche en matière organique et exempt de nématodes et de champignons du sol.

❖  Préparation du sol :

Apport fumure de fond : 15 à 20 t/ha (1,5 à 2 kg/m2) de matières organiques bien décomposées et 100 à 150 kg (10 à 15 g/m2) d’engrais minéral (NPK 15-15-15) à incorporer au sol par un bêchage. (PA/PSSA-Phase II : Répertoire des fiches techniques et guides pratiques de productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, 2016). 
Le sol doit être bien préparé par un labour léger avec émottage, sur une profondeur d’au moins 25-30 cm. Une telle couche meuble favorise l’aération du sol, assure un bon développement racinaire et facilite le buttage.

❖  Période de plantation  :

Octobre à décembre pour la bande sud, jusqu’à février pour le nord (Agadez). 

❖  Choix des calibres : 

Trois calibres basés sur le diamètre des tubercules peuvent être utilisés pour les semences :

•    28 à 35mm de diamètre : 1,6 à 2 t pour couvrir un ha
•    35 à 45 mm de diamètre : 2,8 à 3 t pour couvrir un ha
•    45 à 55 mm de diamètre : 4,6 à 5 t pour couvrir un ha

❖  Pré germination :

Après la coupe des gros calibres, étaler les tubercules semences âgés en une couche à l’abri des rayons solaires, 2 à 3 semaines avant la plantation, dans le but d’obtenir plusieurs germes courts, trapus et colorés par tubercule; l’outil de coupe doit être nettoyé régulièrement.

❖  Plantation  :

Sur billons après une bonne pré-irrigation, planter les tubercules pré germés, avec les germes dirigés vers le haut. La profondeur de la plantation devra permettre de couvrir les tubercules de 3 à 5 cm de sol.

❖  Ecartement  :

0,5 à 0,6 m entre les billons et 0,3 m sur les billons entre les plants

❖  Irrigation  :

Ne pas trop arroser en début de culture à cause du risque de pourriture (2 irrigations par semaine de 10 à 15 mm). Les arrosages sont très importants au moment de la tubérisation (2 irrigations par semaine de 20 à 25 mm); diminuer puis arrêter les arrosages en fin de culture, au moment où le feuillage flétrit.

❖  Sarclo- binages :

Au besoin, surtout au cours du premier mois de culture.

❖  Buttage

Le buttage favorise le développement des racines et des tubercules et protège ces derniers de la lumière. Les tubercules exposés à la lumière deviennent verts et ne sont plus consommables. Deux à trois buttages sont nécessaires. Eviter d’abîmer les tiges (risque de pourriture).

❖  Fumure d’entretien

Juste avant le buttage, il est recommandé d’incorporer 100 à 200 kg (10 à 20 g/m2 d’engrais NPK (15-15-15) à deux reprises : 4 semaines et 8 semaines (PA/PSSA-Phase II : Répertoire des fiches techniques et guides pratiques de productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, 2016).

❖  Occupation de terrain

Entre 75 et 110 jours selon les variétés. 

❖  Principaux ennemis et maladies 

Ce sont les chenilles qui rongent les feuilles ou coupent les tiges, les acariens (araignées rouges) qui font tomber les feuilles, la courtilière qui troue les tubercules, les termites et la pourriture brune du collet provoqué par un champignon, Phytophtora infestans.

❖  Méthodes de lutte 

Eviter les sols trop humides, utiliser des tubercules sains, traiter le sol avec un insecticide homologué, traiter avec les pesticides homologués au Niger. 

En règle générale, peu de parasites ou de pathogènes affectent de manière très importante la culture au Sahel, du moins si on respecte les préconisations en matière de rotation et de qualité sanitaire des plants. Cependant, il est important de pouvoir différencier les plus dommageables afin de pouvoir apporter les mesures adéquates et tenter de limiter les dégâts.
Pour le choix des fongicides ou des insecticides, consulter les services compétents ou appeler le Centre d’Appels pour un conseil agricole : 92 24 24 24 / 89 97 97 74 / 84 74 74 74 / 93 32 38 92.

❖  Récolte

Diminuer, puis arrêter l’arrosage quand 50% des feuilles sont desséchées et récolter les tubercules environ 10 jours plus tard.

❖  Rendement

15 à 30 t/ha.

❖  Conservation

1 à 3 mois sous abris frais, ventilé et obscur pour les variétés de bonne conservation cultivées dans les bonnes conditions. Les tubercules sont stockés directement dans un endroit sec, sombre, frais mais pas glacé et bien aéré. Etaler sur des étagères en bois tapissées de pailles ou de papier journal.

❖  Transformation

Différentes possibilités s’offrent : séchage de rondelles, purée, amidon, frites, chips, etc.


4. Mesures de gestion, d'appropriation et de pérennisation

-    Organisation et formation des producteurs en techniques de production et de conservation
-    Mise à disposition de moyens de stockage
-    Fourniture d’intrants avec un bon rapport qualité/prix
-    Promotion de la transformation
-    Facilitation du lien avec le marché pour l’écoulement de la production


5. Avantages et inconvénients/contraintes

Avantages

Inconvénients/contraintes

-       Maitrise facile des techniques de production de conservation et de transformation

-       Peu exigeante en sol

-       Existence d’une demande urbaine forte

-       Disponibilité des variétés améliorées

-       Bonne valeur nutritive

-       Adaptée aux conditions climatiques

-       Accès limité aux institutions financières

-       Faible organisation du système de collecte et du circuit de commercialisation

-       Faible organisation des producteurs

-       Faible disponibilité et accessibilité des semences

-       Coût élevé des semences

-       Insuffisance des infrastructures de stockage et de conservation


6. Coûts de la technique

Coût moyen de production d’un hectare de pomme de terre

Désignation

Unité

Quantité

Prix Unitaire

Montant

Semences de pomme de terre

sac

40

25 000

1 000 000

Engrais chimique

kg

500

450

225 000

Engrais organique (fumier)

sac

500

250

125 000

achat petit matériel

u

1

50 000

50 000

Main d'œuvre irrigation, labour, sarclage, récolte (3pers x 4 mois y compris nourriture)

mois

12

50 000

600 000

Amortissement réseau de distribution

u

1

400 000

400 000

Amortissement système captage de l'eau

u

1

350 000

350 000

Total charges


 

 

2 750 000

Source : Confédération Nationale des Producteurs Horticoles du Niger.


7. Durée de vie

La culture de la pomme de terre est généralement conduite en saison sèche froide, avec une durée de cycle de 75 à 100 jours. Mais, il est possible de la produire pendant une grande partie de l’année (jusqu’à trois (3) campagnes), notamment dans les zones favorables de la région d’Agadez.


Références bibliographiques

  • Projet d’Appui au Programme Spécial Sécurité Alimentaire (PA/PSSA-Phase II), Décembre 2016 : Répertoire des fiches techniques et guides pratiques de productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, 136p.
  • FCMN-NIYA-Projet de Sécurisation de l’Elevage et de l’Agriculture péri-Urbains de Niamey (PSEAU), 2005 : Pomme de terre, 2p. 
  • VANDERHOFSTADT Bruno, JOUAN Bernard et al, 2007 : Guide pratique de la culture de la pomme de terre en Afrique de l’Ouest, 76p.