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  Traitements sylvicoles des sites restaurés 

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Les traitements sylvicoles désignent un ensemble d’interventions visant à diriger le développement d'un peuplement forestier, notamment son renouvellement, sa structure, sa croissance, ou à augmenter son rendement et sa qualité. On entend par site traité une terre dégradée ayant fait l’objet d’une intervention mécanique et ou biologique en vue de sa régénération ou de l’amélioration de ses capacités productives.


1. Objectifs

  • Favoriser la croissance du peuplement forestier ; 
  • Conduire le peuplement vers une structure optimale souhaitée ;
  • Protéger le peuplement contre les animaux et les feux de brousse ; 
  • Supprimer ou atténuer la concurrence durant les premières années. 


2. Contexte/Conditions du milieu

Les traitements sylvicoles sont indiqués sur tout site de reboisement.


3. Etapes de mise en œuvre

  • Protection du site : haie vive
    Bien qu’elle soit un type de reboisement, la haie vive peut être considérée comme un traitement sylvicole lorsqu’elle est faite pour protéger un site traité contre la divagation des animaux. Elle consiste en une plantation linéaire, généralement dense et continue constituée le plus souvent d’une ou de plusieurs lignes d’arbustes ligneux ou semi-ligneux, parfois d’herbacées, mais rarement de grands arbres, implantée perpendiculairement à la direction du vent dominant autour d’un périmètre à protéger contre les animaux et autres agressions. Ces haies vives périmétrales doivent être installées avant la plantation et doivent être entretenues. 

     

  • Eclaircie 
    C’est une action sylvicole qui consiste à supprimer un certain nombre d’arbres d’une parcelle au profit de ceux laissés sur place. Ce traitement est envisagé dans les boisements à forte densité notamment les plantations en bloc. Les arbres à éliminer sont ceux qui présentent des défauts (déformation, maladie, blessure) ou en voie d’être dominés. 

Illustration de la matérialisation des pieds d’arbres à supprimés lors de l’éclaircie (Dr Mamadou Sani).gifIllustration de la matérialisation des pieds d’arbres à supprimés lors de l’éclaircie (Dr Mamadou Sani)

  • Dépressage
    C’est une action sylvicole qui consiste à supprimer sélectivement un certain nombre de jeunes sujets dans un peuplement très dense afin de favoriser le développement des arbres objectifs et faciliter la circulation pour les interventions futures. 
    Le travail consiste à ouvrir des layons régulièrement espacés (50 à 100 m) en fonction de la densité souhaitée dans les carrés ainsi délimités.

Délimitation des carrés pour une opération de dépressage (Besse F., 1990).jpgDélimitation des carrés pour une opération de dépressage (Besse F., 1990)

  • Elevage
    C’est une opération qui consiste à couper certaines branches basses ou superflues mortes ou vivantes d’un arbre ou arbuste en-dessous d’une certaine hauteur. Il est recommandé d’effectuer un élagage moyen qui consiste à couper les branches sur 1/3 à ½ de la hauteur. 

Présentation d’un bon élagage (Besse F., 1990) (Illustration - Dr Sani M. A. G).pngPrésentation d’un bon élagage (Besse F., 1990) (Illustration : Dr Sani M. A. G)

L’élagage se pratique en deux coupes : une première très légère et située sous la branche (elle évitera la déchirure d’écorce) et une seconde jusqu’à la coupe définitive, par-dessus. Elle s’effectue avec une scie (une hache, une machette). Les traits de scie doivent préserver le bourrelet situé à la base de la branche (laisser 1 cm environ). 

Etapes de la réalisation de la coupe lors de l’élagage (Besse F., 1990).pngEtapes de la réalisation de la coupe lors de l’élagage (Besse F., 1990)

  • Coupe de régénération
    Elle consiste à couper l’arbre au ras du sol ou à une hauteur d’environ 20 cm du sol. Cette opération est surtout indiquée pour la plantation des espèces qui rejettent bien par souche. C’est le cas des sites à Eucalyptus camaldulensis après avoir atteint l’âge d’exploitation. Des rejets de souches apparaissent et il est souvent nécessaire d’en supprimer quelques-uns pour laisser les tiges les plus vigoureuses. 

Etapes de la réalisation d’une coupe de régénération (Besse F., 1990)  (Illustration par Dr Sani M.A.G).pngEtapes de la réalisation d’une coupe de régénération (Besse F., 1990) 
(Illustration par Dr Sani M.A.G)

  • Taille de formation
    La taille de formation consiste à supprimer les grosses branches ou les jumelles qui auraient pu se développer. Cette opération s’effectue sur des jeunes sujets (2 à 3 ans) et n’est pas en général renouvelée durant la croissance des arbres.

Taille de formation (Besse F., 1990).pngTaille de formation (Besse F., 1990)

  • Sarclage
    Le sarclage consiste à détruire les parties aériennes et à arracher les racines des herbes et autres adventices autour des jeunes arbres. C’est une opération qui est recommandée dans toutes les plantations. On distingue le sarclage en rond et le sarclage en bande. 
    Le sarclage en rond est réalisable quelle que soit la pente ou la nature du terrain et consiste à sarcler 1 à 1,5 m autour de l’arbre. 
    Si la plantation est faite sur une pente, des bandes de 1,20 à 1,5 m de large sont dégagées selon les courbes de niveau. La végétation arrachée est entreposée en aval des plants. Elle forme ainsi un bourrelet qui aide à la formation de petites terrasses efficaces contre l’érosion. Le sarclage s’effectue au début de la saison sèche et en début de la saison des pluies pendant 2 à 3 ans.

Sarclage en rond et en bandes (Besse F., 1990).pngSarclage en rond et en bandes (Besse F., 1990)

  • Saignée
    La saignée est une opération qui consiste à prélever sur un quart de la circonférence du gommier (sans entamer le liber), des lambeaux d’écorce (ou cares) sur le fût et les branches principales ayant au minimum 3 à 4 cm de diamètre afin de stimuler l’exsudation. Elle est effectuée dans une gommeraie quand elle atteint un âge de 4 à 5 ans.
❖  Matériel technique

Scie, daba, coupe-coupe, râteau, hache, matériel de saignée (sac en toile, cueille-gomme, couteau, saignette).

4. Mesures de gestion, d'appropriation et de pérennisation

-    Veiller au besoin à la régularité des opérations sylvicoles ;
-    Renforcer la capacité des communautés sur les techniques des coupes et le respect des normes.

5. Avantages et inconvénients/contraintes

Avantages

Inconvénients/contraintes

-        Protection contre les animaux et le feu de brousse ;

-        Coût faible ; 

-        Amélioration de la santé du peuplement ;

-        Amélioration de la croissance du peuplement.

-        Amélioration de la couverture végétale ;

-        Récupération des espaces dégradés ;

-        Augmentation de la diversité floristique ;

-        Amélioration des conditions de vie des populations.

-        Exigence de traitement sylvicole afin conduire le peuplement à terme ;

-        Exigence dans le respect des normes techniques dans toutes les opérations.

 


6. Coûts de la technique

Coût de la technique à l'hectare

Rubriques

Unité

Quantité

Prix unitaire (FCFA)

Montant (FCFA)

Main d’œuvre

H/j

10

2 000

20 000

Scie

Unité

3

10 000

30 000

Daba

Unité

3

3 000

9 000

Coupe-coupe

Unité

3

5 000

15 000

Râteau

Unité

3

3 000

9 000

Hache

Unité

3

5 000

15 000

Matériel de saignée (sac en toile, couteau, Saignette).

Forfait

Forfait

15 000

15 000

Encadrement

H/j

1

7 000

7 000

Total investissement

 

 

 

120 000

NB:  Ces coûts sont indicatifs et peuvent varier suivant le contexte


7. Durée de vie

La durée de vie d’un traitement sylvicole varie selon le type d’opération à effectuer, le type de plantation et les espèces à entretenir : 10 ans au minimum.


Références bibliographiques

  • Roussel J. 1995. Pépinières et plantations forestières en Afrique tropicale sèche, ISRA, Dakar Sénégal ; 435 P ; 
  • Besse F., 1990. Entretien des plantations, Réseau des arbres tropicaux Silva, Fiches N°4.2 ; 23 p.