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  Banque alimentaire à base de Moringa oleifera Lam

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La banque alimentaire à base de Moringa oleifera est une technique agroforestière qui consiste à entretenir et à protéger une plantation en bloc de Moringa sur une parcelle de terre en association souvent avec les cultures maraichères.

Culture pure de Moringa oleifera dans la vallée de Gofat – Agadez (Photo Dr Sani Mamadou).jpg

Culture de Moringa associée aux choux à Dosso (Photo Amani A.).jpg

Culture pure de Moringa oleifera dans la vallée de Gofat – Agadez (Photo Dr Sani Mamadou) Culture de Moringa associée aux choux à Dosso (Photo Amani A.)


1. Objectifs

  • Garantir la disponibilité des feuilles fraîches de Moringa oleifera de qualité en toute saison ; 
  • Augmenter les revenus des producteurs ; 
  • Contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. 


2. Contexte/Conditions du milieu

Le Moringa est cultivé dans les zones à climat tropical ou subtropical avec une pluviométrie comprise entre 250 et 2000 mm et une température variant de 25-35°C sur les domaines maraîchers, champs et jardins. Les sols qui lui conviennent sont les sols bien drainés, de texture légère (sableux) et à réaction neutre ou acide ; il tolère aussi des sols peu profonds.


3. Etapes de mise en œuvre

❖  Choix de la variété 

Plusieurs variétés de Moringa oleifera sont cultivées (PKM-1, PKM-2 et Peregrina). Les variétés sont choisies selon leur productivité et les aspects liés à la taille, la couleur des feuilles, des gousses et leur capacité de rejeter rapidement. Les variétés avec des feuilles larges et vert foncé, des gousses longues et tendres sont les plus préférées (PKM-1).  

Les feuilles de Moringa sont riches en protéine, en minéraux (Calcium, Potassium, Magnésium, Phosphore, Fer, Manganèse, Zinc et Cuivre) et en vitamines (A, C, E).

❖  Techniques de multiplication 
          • Choix du site ; 
          • Préparation du sol ; 
          • Multiplication par semis direct ; 
          • Système de culture pur (intensif et semi intensif), en association avec d’autres cultures.
❖  Caractéristiques techniques
 
                ⁃  Choix du site 
          • Site bien dégagé et ensoleillé ; 
          • Sol bien drainé ; 
          • Disponibilité d’une source d’eau d’irrigation ; 
          • Site protégé contre les animaux ; 
                ⁃  Préparation du sol 
          • Labour profond (15 à 30 cm) ; 
          • Trouaison (20 à 30 cm de profondeur) ; 
          • Ecartement des plants : de 0,5 m x 1 m 
    •     ⁃  Multiplication
        • Le semis direct au jardin est préférable lorsque le pouvoir germinatif des graines est élevé (85%). Il est recommandé de semer les graines directement aux endroits indiqués, plutôt que de repiquer les jeunes plants produits en pépinière car ils sont fragiles et ne survivent pas toujours au repiquage.
      • ⁃  Semis direct  
        • Pour la production pure intensive, adopter au choix les écartements suivants :  

            • Semer 2 graines par poquet à une profondeur de 2 cm ; 
            • Surveiller la germination des graines 5 à 12 jours après la mise en terre ; 
            • Démarier en gardant le plant le plus vigoureux lorsque les plants atteignent une hauteur de 30 cm.
      • ⁃  Système de culture   
        • Pour la production pure intensive, adopter au choix les écartements suivants :  

            • 15 cm x 15 cm ou 20 cm x 10 cm avec des allées tous les 4 mètres (densité 444444 à 500000 pieds/ha) ; 
            • 45 cm entre lignes et 5 cm entre plants ou 30 cm entre lignes et 15 cm entre plants soit une densité de 444444 à 222222 pieds/ha). 
    •            Pour la production semi-intensive, adopter au choix les écartements suivants : 

          • Les écartements varient de 0,5 m entre les lignes et 0,5 m entre les plants à 1 m entre les lignes et 1 m entre les plants soit une densité de 40000 à 10000 pieds/ha).

       

    •            Pour la production en agroforesterie (association avec d’autres cultures), respecter les normes suivantes : 

            • Semer les plants de Moringa à des écartements de 2 à 4 m entre les lignes et 0,5 à 1 m entre les plants;
            • Orienter les lignes de plantation d’est en ouest pour optimiser l’éclairage;
            • Associer de préférence au Moringa des plantes basses et dont les résidus de culture peuvent enrichir le sol en azote (arachide, niébé);  
            • Éviter d’associer au Moringa, des cultures intercalaires très demandeuses d’azote (maïs, manioc), ou susceptibles de nécessiter des traitements chimiques, ainsi que des cultures qui montent trop en hauteur (mil, sorgho).

Production du Moringa dans la ferme intégrée de Gaya Gandou – Région de zinder  (Source - Le Sahel).gif
Production du Moringa dans la ferme intégrée de Gaya Gandou – Région de zinder  (Source : Le Sahel)

Exploitant de Moringa désherbant un canal d’irrigation de sa parcelle– Agadez (Photo Dr Sani Mamadou.jpg
Exploitant de Moringa désherbant un canal d’irrigation de sa parcelle– Agadez (Photo Dr Sani Mamadou


❖  Matériel technique

Pelle, pioche, râteau, brouette, piquet, fil, binette, arrosoir, pesticide, coupe-coupe.

4. Mesures de gestion, d'appropriation et de pérennisation

  • Irrigation
    • Irriguer presque toute l’année (tous les jours en saison sèche, en saison humide, si le sol est sec), et de préférence tôt le matin, le soir ou la nuit.  
  • Sarclage
    • Effectuer au moins 4 sarclages réguliers par an pour une plantation adulte ; 
    • Laisser sur place les adventices arrachées pour couvrir le sol comme mulching.
  • Fertilisation
    • Apporter au moment de la préparation du sol et avant le semis du compost ou fumier à raison de 5 à 6 kg par m² ; 
    • Apporter du fumier ou/et du compost au moins une fois par an en début de saison des pluies (environ 500 g par pied). 
  • Taille
    • Tailler de manière à favoriser les ramifications latérales qui donnent au Moringa une forme de buisson touffu ;
    • Couper à 20 cm du niveau du sol une ou deux fois par an pour induire l’émergence des rejets de souches. 

Taille des plants de moringa dans la vallée de Boghol – Agadez (Photo Dr Sani Mamadou).jpg
Taille des plants de moringa dans la vallée de Boghol – Agadez (Photo Dr Sani Mamadou)

  • Contôle phytosanitaire
    • Inspecter régulièrement les feuilles et les jeunes plants pour détecter les attaques des ennemis de cultures (champignons, chenilles, etc.) et noter les périodes pendant lesquelles les dégâts apparaissent pour essayer d’intervenir plus tôt la saison suivante ; 
    • En cas d’attaques des ravageurs (sauterelles, criquets et chenilles), utiliser un traitement biologique à base de feuilles (350 g par litre d’eau) ou de graines de neem (500 g de graines pilées dans 10 litres d’eau) mélangés à de l’eau savonneuse à 3 % ;  
    • Pulvériser le centre et l’extrémité des pousses pour atteindre les jeunes chenilles.

5. Avantages et inconvénients/contraintes

Avantages

Inconvénients/contraintes

-        Production des feuilles de moringa disponibles en toute période ;

-        Feuilles très appréciées en alimentation humaine et animale ;

-        Feuilles très utilisées en médicine traditionnelle ;

-        Feuilles et fruits utilisés pour purifier l’eau ;

-        Moringa est une plante mellifère ;

-        Production d’huile de graines de moringa

-        Réduction de la pauvreté.

-        Sensibilité à la pression parasitaire ;

-        Exigence d’entretien régulier ;

-        Jeunes plantes ne tolèrent pas le feu et sont susceptibles d'être attaquées par les termites ;

-        Demande en eau élevée ;

-         Exigence de protection contre les animaux.


6. Coûts de la technique

Coût de la technique sur une planche de 50 m2 en culture semi-intensive

Rubriques

Unité

Quantité

Prix unitaire (FCFA)

Montant (FCFA)

Main d'œuvre confection de la planche (labour) 

H/J

1

2 000

2 000

Pelle

Unité

1

5 000

5 000

Pioche

Unité

1

5 000

5 000

Râteau

Unité

1

3 000

3 000

Fertilisation (fumure organique)

Kg

50

100

5 000

Binette

Unité

1

1 500

1 500

Fil et piquet

Unité

Forfait

5 000

5 000

Biopesticide

Litre

1

10 000

10 000

Achat semences

kg

1,5

15 000

22 500

Main d’œuvre Semis directs

H/J

1

2 000

2 000

Coût d’entretien

Forfait

Forfait

Forfait

4 500

Total investissement

 

 

 

65 500

NB:  Ces coûts sont indicatifs et peuvent varier selon les contextes


7. Durée de vie

La durée de vie d’une Banque alimentaire à base de Moringa est d’environ 4 à 7 ans. 


Références bibliographiques

  • Institut National de la recherche Agronomique du Niger (INRAN), 2019. Recueil des fiches techniques en gestion des ressources naturelles et des productions agrosylvopastorales, Projet de Mobilisation des Eaux pour le Renforcement de la Sécurité Alimentaire dans les Régions de Maradi, Tahoua et de Zinder (PMERSA-MTZ). 46 p. 
  • Younoussou R., Sitou L., Aissetou Y.D., Ali M. 2015. Analyse structurelle des systèmes agroforestiers à base de Moringa oleiferaLam, dans les vallées du fleuve Niger et du Goulbi de Maradi (Niger), Int. J. Biol. Chem. Sci. ; Pp : 2543-2565 
  • Antoine K., Annonciata U., Bréhima K., Larwanou, M., 2006. Mise en place et gestion de banques alimentaires dans le Sahel, ICRAF/CRDI. 22 p. 
  • Irénée M. B, 2016. Production et transformation du Moringa, Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). 40 p.